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La création du visuel par l'Atelier de Gravure

La création du visuel

À partir des éléments fournis par nos clients, l’équipe de création va construire, d'abord à main levée puis à l'aide d'outils informatiques, des visuels représentant la future médaille. Ces derniers visuels sont en couleurs et en 3D pour s’approcher le plus possible de l’aspect final qui sera obtenu lors de la fabrication. Tant que la fabrication n’a pas commencé, le client peut à tout moment demander une modification ou une adaptation sur les visuels proposés par les équipes de la Monnaie de Paris.

La fabrique du modèle en relief - pate à modeler et plâtre

La mise en relief

Les artistes graveurs créent l’objet voulu grâce à différents procédés, le plus souvent à l’aide de pâte à modeler (montage du relief), puis de plâtre (travail des détails), puis enfin de résine. Mais les outils les plus modernes sont également utilisés de manière complémentaire. Ainsi, chaque projet mené par nos ateliers fait appel à la fois à des méthodes artistiques et manuelles très poussées, héritage de siècles d’existence, sans exclure l’aide apportée par les outils les plus modernes. L’expérience, le patrimoine, nos siècles d’histoire fusionnent avec l’informatique, l’impression 3D, le laser, etc pour aboutir aux créations qui sortent de nos ateliers.  

La création des outillages pour frapper les médailles

La création des outillages

Aujourd’hui, les techniques modernes et ancestrales se complètent avec brio en fonction du produit attendu. La gravure est effectuée soit numériquement, soit mécaniquement (réduction, électroérosion, fraiseuse, laser…). Une méthode régulièrement utilisée est celle dite de la « réduction », à l’aide d’un tour à réduire (technique développée au XVIIIème siècle) qui reproduit - au diamètre souhaité - le relief de la résine sur un bloc d’acier, par homothétie. Un doigt métallique palpe la résine tandis qu'une fraise vient reproduire les mouvements exacts de ce dernier, en creusant le bloc d'acier. Cette opération prend de 24h à 48h, pour les outillages très complexes.

Reprise de l'outillage

Le contrôle des outillages

Quelle que soit la technique utilisée, les outillages sont systématiquement vérifiés au microscope et repris à la main, patiemment, par l’un de nos graveurs, qui va s’assurer de la perfection de leur relief. Puis l'outillage est trempé pour le rendre plus résistant à la frappe (le bloc d'acier est chauffé à très haute témpérature avant d'être plongé dans de l'azote liquide, qui fige les atômes du métal et le rend ainsi très résistant). Cet outillage sera alors positionné sur une presse pour estamper les flancs de métal.
 

Flans de bronze

LA DECOUPE DU METAL

Dans notre atelier de découpe, le métal (sous forme de plaques ou de rubans) est découpé selon la forme souhaitée de la médaille, puis fourni à l’atelier d’estampage. Parallèlement, les outillages en acier vont être installés sur l’une de nos presses. Une fois que les ouvriers qualifiés auront procédé aux différents réglages (calage et positionnement des matrices, réglage de la force exercée par la presse…), l’estampage va pouvoir commencer.

La frappe ou estampage des médailles

La frappe - ou estampage - des médailles

Pour obtenir le résultat attendu, le flan de métal va être frappé à plusieurs reprises, 3 à 4 fois en moyenne. Mais frapper un flan 3 ou 4 fois n’implique pas seulement de déclencher 3 ou 4 fois une presse ! En effet, les métaux comme le bronze ou l’argent supportent mal les contraintes liées à la frappe.

Les fours à recuit

Le passage aux fours de recuît

Entre chaque passe, il est donc nécessaire d’appliquer des traitements thermiques aux futures médailles, pour leur rendre leur malléabilité d’origine. Ainsi, après chaque frappe, les médailles doivent être « recuites », dans des fours spécifiques appelés « fours à recuit », pendant près de 8 heures ! A l’issue de chaque recuit, les médailles sont plongées dans des bains d’eaux fortes pour les débarrasser de toute impureté (tout défaut se verrait à l’œil nu !).

Copeaux de détourage

Le détourage des médailles

Une fois que le relief et ses détails apparaissent avec précision et finesse, la médaille va être détourée : la frappe ayant déformé et aplati le disque de bronze de départ, tout en ayant imprimé le relief souhaité, une bande de métal finit par déborder de la médaille. Le détourage correspond à cette étape : c'est l’opération qui consiste à enlever le surplus de métal autour de la médaille, tout en lui donnant sa forme et ses dimensions finales et parfaites. 

Le polissage et soudure de la fixation pour le ruban

(Pour les décorations) Polissage et soudure de la fixation pour le ruban

Les médailles frappées sont ensuite polies et nettoyées, afin de retirer toute les impuretés potentielles et d’obtenir des surfaces parfaitement lisses et homogènes. Le système (bélière, pont, etc) qui permettra la fixation du ruban est alors soudé dans notre atelier de bijouterie.

Travaux de finition : sablage, noircissage/dorure/argenture et patine

Travaux de finition et traitements de surface

Les médailles détourées sont ensuite sablées pour permettre à la patine, l’argenture ou la dorure de se fixer. Elles sont alors plongées dans des bains, pour des traitements de surface, notamment en métal, en fine couche par électrolyse (plus d'1 micron d'épaisseur).  Pour les médailles recouvertes de nickel noir, il faut alors les patiner, c’est-à-dire brosser la surface des médailles pour les débarrasser du noir déposé en superficie mais laisser le dépôt dans la profondeur du relief de la médaille pour le souligner et ainsi mettre en valeur le travail de gravure.

Vernissage et vérification

Dernières vérifications et vernissage

Après un dernier contrôle qualité, les médailles vont être séchées puis vernies, afin de leur garantir des qualités de conservation optimales. C’est ce vernis qui empêchera durablement aux produits en bronze, en bronze argenté ou en argent massif, de s’oxyder.