Du 10 avril au 6 septembre 2026
CLING ! La bande dessinée parle cash
Aventuriers, voleurs, milliardaires, marginaux... Quand la bande dessinée parle d'argent.
À propos
Tarifs
Tarif plein : 12€
Tarif Abonnés bibliothèques : 10€ sur présentation de votre carte de bibliothèque en cours de validité
Tarif Pass Navigo : 10€
Gratuit *
* - 26 ans, min. sociaux, demandeur d'emploi, enseignant, pass éducation, guide conférencier, partenaire
Détail des gratuités
Le billet d'entrée de l'exposition donne accès au musée
Picsou plonge dans son coffre-fort. Les Dalton braquent une banque. Tintin court après un trésor qui n'existe peut-être pas. Largo Winch hérite d'un empire. Gaston Lagaffe déclare la guerre aux parcmètres. Depuis toujours, la bande dessinée raconte l'argent à travers ses personnages les plus iconiques.
Du 10 avril au 6 septembre 2026, la Monnaie de Paris consacre une grande exposition à cette relation passionnante, drôle et parfois explosive avec CLING ! La bande dessinée parle cash. Des ruées vers l'or à la finance invisible contemporaine, du lingot à la fausse monnaie, la bande dessinée agit comme un miroir de nos sociétés, oscillant sans cesse entre critique sociale et succès populaire.
Rassemblant plus de 250 œuvres issues de collections publiques et privées, l’exposition explore deux siècles de création, des strips de presse américaine aux mangas, en passant par la BD franco-belge et les comics.
Le commissariat de l'exposition est assuré par Lucas Hureau et Damien MacDonald. La Monnaie de Paris, organisatrice de l'exposition, en a confié la production déléguée à la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (CIBDI).
Thèmes & archétypes de l'exposition
L'exposition s'articule autour de huit grandes figures, autant de héros et d'anti-héros familiers qui traversent l'histoire du neuvième art :
- Les Aventuriers, de la chasse au trésor aux ruées vers l'or
- Les Voleurs, figures comiques ou inquiétantes, des Dalton aux Rapetou
- Les Joueurs, pris entre hasard, triche et destin
- Les Épargnants, de la tirelire enfantine au coffre-fort
- Les Milliardaires, fascinants et ambigus, de Picsou à Largo Winch
- Les Marginaux, champions de la débrouille et de l'antisystème
- Les Faussaires, faux-monnayeurs et maîtres de l'illusion
- Les Alchimistes, pour qui la vraie richesse est celle de l'imaginaire
Chacun des huit archétypes a fait l'objet d'une commande inédite à huit auteurs et autrices contemporains : Ugo Bienvenu, Blutch, Coco, Nicolas de Crécy, Florence Cestac, Anouk Ricard, Thomas Ott et Catherine Meurisse.
Au fil du parcours, le visiteur croisera aussi Tintin, Astérix, Lucky Luke, Picsou, Batman, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, mais aussi les Freak Brothers, Lupin III, Blueberry, Corto Maltese ou encore des figures majeures du manga et de la BD underground.
La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI) d’Angoulême conserve et valorise la plus grande collection d’originaux et d'imprimés de bande dessinée en Europe. La Cité produit chaque année une dizaine d'expositions dont des co-productions avec des partenaires nationaux et internationaux. Son expérience et son expertise dans la conservation, la recherche et la production d'expositions en font un acteur incontournable du patrimoine et de la création contemporaine du 9e art. En tant que producteur délégué de l'exposition CLING !, la CIBDI en assure l'organisation scientifique et artistique, en cohérence avec ses missions culturelles et patrimoniales.
Programmation autour de l'exposition
Visiter autrement
Parcours sonore
Retrouvez vos personnages de BD favoris grâce à un parcours sonore original qui vous fait voyager d’archétype en archétype.
Disponible sur place sur la web-application de la Monnaie de Paris
Gratuit, inclus dans le billet
Évènement
Nuit européenne des musées
SAMEDI 23 MAI
Concert, chasse au trésor, visites à la lampe torche, médiation dans l’exposition, spectacle et beaucoup d’autres surprises vous attendent… Venez, il y en aura pour tous les goûts !
De 19h à Minuit
Plus d'informations à venir
Gratuit
Nocturne
« Bullez jeunesse ! »
MERCREDI 10 JUIN
Vivez une soirée insolite entourés des personnages emblématiques du 9ème art ! Après une visite carte blanche menée par les commissaires de l’exposition, partez à la rencontre d’artistes bédéistes. Puis, que ce soit en Gaston, Largo Winch, Ma Dalton, Batman, Corto Maltese ou Picsou, profitez d’une soirée avec dj set et foodtruck pour plonger dans les univers de vos BD favorites…
À partir de 19h
À partir de 16 ans
Tarif plein : 15€ / 8€ (réduit -26 ans)
DU MERCREDI 1er AU SAMEDI 4 JUILLET
Entre amis ou en famille, confortablement installés dans un transat, laissez-vous emporter par quatre films inspirés de l’univers de la bande dessinée qui vous feront passer du rire aux larmes !
Programme des séances : à venir
À partir de 19h, animations musicales & gourmandes, nocturne exceptionnelle de l’exposition
Séance à partir de 21h30
Tarif : 8€ (gratuit -7 ans)
Les Archétypes
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Ugo BienvenuAventurières & Aventuriers
Un livre est une invitation à l’aventure. Les artistes encouragent la rêverie des lecteurs en les entraînant à la poursuite de trésors mythiques. Sous terre, avec les mines secrètes vues dans les westerns, ou sous les mers, avec les pirates de « Barbe-Rouge » à « One Piece », l’ambition demeure la même : nous pousser au-delà de nos horizons familiers, à travers tous les continents et toutes les époques. Des conquistadors aux chercheurs d’or, des pirates aux archéologues, les richesses de l’Eldorado ne servent souvent que de prétexte au voyage. Le trésor, parfois chimérique, n’est même pas toujours destiné à être conservé : c’est la vie trépidante qu’il promet qui devient la véritable richesse. Le 9e art joue avec cette croyance multiséculaire qu’il n’est rien de caché qui ne doive être révélé.
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BlutchVoleuses & Voleurs
Avec l’effondrement économique de 1929 et la prohibition, la bande dessinée voit naître des polars d’une grande noirceur : le jeu des gendarmes et des voleurs devient alors l’un des ressorts majeurs du 9e art. Mais la BD aime aussi transformer cet effroi en rire. Aux cambrioleurs menaçants et aux silhouettes inquiétantes de Dick Tracy d’avant-guerre succèdent des drôles de bonshommes, comme le truculent Spirit de Will Eisner. Plusieurs dynasties de voleurs parodient les valeurs familiales : les Dalton, les Rapetou ou les sœurs Chamade de « Cat’s Eye »… Mieux comprendre leur humanité et leurs ressorts psychanalytiques adoucit notre regard sur ces parias finalement bien sympathiques. Cette omniprésence des voleurs ne traduit pas une fascination pour le mal. Au contraire : plus l’adversaire est sombre, plus la puissance morale du héros est éclatante.
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CocoÉpargnantes & Épargnants
Les contes traditionnels abordent la question de l’argent de manière assez simpliste : les rois sont riches, les petits tailleurs sont pauvres. Mais au XIXe siècle, la situation commence à évoluer : on lutte contre le travail des enfants, la comtesse de Ségur leur parle d’argent, et en 1912, la pédagogue Sidonie Gruenberg popularise le terme d’« argent de poche ». Il faut toutefois attendre les Trente Glorieuses pour que la bande dessinée devienne le premier vrai lieu de cette pédagogie. Avec ses gags souvent courts en un strip ou une planche, le 9e art aborde les questions d’économie familiale et des droits de l’enfant dans les journaux « Spirou » puis « Pilote ». Le rire devient l’outil de prédilection de cet apprentissage, à travers des personnages comme Nancy, Charlie Brown ou Lucy, Boule et Bill, Astérix, et les Schtroumpfs…
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Florence CestacMarginales & Marginaux
La bande dessinée débute avec des dessins griffonnés dans les marges des manuscrits médiévaux, avant de prendre son essor dans les marges de la presse, toujours pour mettre en lumière les marginaux de la société. Depuis lors, ses artistes célèbrent les clochards célestes : Happy Hooligan, Pieds Nickelés, Freak Brothers… Avec son « Thimble Theatre », « théâtre dans un dé à coudre », E. C. Segar met en scène les prolétaires et les oubliés, avant d’y introduire le personnage de Popeye. Des vauriens rieurs inventés par Louis Forton jusqu’à l’éloge de la paresse de Gaston Lagaffe, la bande dessinée aime tourner en dérision la valeur travail, rappelant que les seules vraies richesses sont la camaraderie et la joie de vivre. L’ébullition créative de l’underground américain des années 1960-70 s’inscrit dans cette filiation. La bande dessinée autobiographique des années 1990 accentuera même cette tendance, invitant le lecteur à partager le quotidien de ses auteurs.
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Nicolas de CrécyMilliardaires
Depuis sa naissance, la bande dessinée interroge la notion de richesse. Au début du XXe siècle, la majorité des auteurs célèbrent les aspects positifs de la fortune, la présentant comme un but ultime. Lorsque Carl Barks détourne le Scrooge de Charles Dickens, il rend l’avarice de Picsou presque attendrissante. George McManus ajoute à sa famille Illico un grand enfant farceur de la finance, Jiggs. La roue de la fortune ressemble alors encore à un jeu. Mais, dès 1939, les représentations de la richesse se complexifient et prennent des tonalités plus sombres. En Amérique, des super-héros comme Batman ou Iron Man sont confrontés aux implications morales de leur fortune, tandis qu’en Europe des milliardaires, comme Rastapopoulos dans « Tintin », deviennent des archétypes de méchants. La vision de la possession n’est plus si innocente. Et plus le XXIe siècle approche, plus la possession et la démesure deviennent des sujets centraux.
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Anouk RicardJoueuses & Joueurs
La roue de la fortune et l’archétype très individualiste du joueur sont des leitmotivs prisés par les auteurs. Longtemps perçu par la société comme un pécheur, ce personnage permet de traiter du hasard de nos destinées, suscitant parfois le frisson et souvent le rire. Dès 1940, le privilégié qu’est Batman se confronte aux jeux de société cyniques du Joker, avant d’affronter la schizophrénie d’Harvey Dent, alias Double-Face, qui joue la vie à pile ou face. Après la guerre, sous la plume plus légère d’auteurs européens, les casinos du Far West servent à ridiculiser l’individualisme. De la tricherie libidineuse de Nicky Larson aux psychopathes, le 9e art affectionne les tapis de jeu et les hasards de la roue de la fortune, au point d’en faire un des ingrédients favoris de ses scénarios. L’ambiguïté manipulatrice du Monopoly qui encourage l’égoïsme est abordé ici à travers des oeuvres d’Ugo Bienvenu et Coco. Les jeux sont faits ? Rien ne va plus…
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Thomas OttFaussaires
La bande dessinée prend forme avec la presse à grand tirage et petit prix. Cette naissance prosaïque lui donne souvent le sentiment d’être un faussaire entré par effraction dans le domaine des beaux-arts. Récemment, la hausse considérable de sa valeur marchande a encouragé l’apparition de contrefaçons, renforçant cette impression. Dès les années 1930, les faux-monnayeurs deviennent un thème récurrent. Dans la très célèbre « Île Noire », Tintin se rend en Écosse sur les traces des complices du docteur Müller, tandis que dans « Le Secret de Neptune », du dessinateur culte Jijé, c’est Jean Valhardi qui se lance à la poursuite des faussaires. Au Japon, le gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc inspire le manga « Lupin III » dessiné par Monkey Punch. Hayao Miyazaki le transpose à l’écran dans son premier long métrage, « Le Château de Cagliostro », où il imagine le comte de Cagliostro à la tête d’un vaste réseau de faux-monnayeurs.
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Catherine MeurisseAlchimistes
Représenter des mages qui changent le plomb en or est un formidable ressort narratif que la bande dessinée a largement exploité. Dès ses débuts, Rodolphe Töpffer créé le Docteur Festus, inspiré de Faust, l’alchimiste de Goethe. Ce jeu de laboratoires et de cornues se poursuit jusqu’au Grand Schtroumpf, qui est un alchimiste renommé. Mais de nombreux auteurs ont également pris au sérieux l’alchimie en tant que recherche de la pierre philosophale. Des créateurs mythiques comme Moebius, Hugo Pratt, Druillet, ou des scénaristes comme Alejandro Jodorowsky et Alan Moore en ont fait un fil conducteur visible dans leurs œuvres. Leur ambition est que l’artiste, ses personnages et ses lecteurs partagent la même quête. Dans « La Maison dorée de Samarkand », Hugo Pratt l’exprime ainsi : « Si tu arrives à trouver ce que tu cherches, ce sera comme si je le trouvais moi aussi. »