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Le Pont Neuf et l’Hôtel des Monnaies - dessin de Gaspard Gobaut (1814-1882) - © BnF

Paris, côté face : un style néoclassique

Sous Louis XV, le pouvoir royal s'empare du vaste et prestigieux terrain de l'ancien Hôtel de Conti et décide d'y implanter le siège de la frappe de ses monnaies – prérogative régalienne par excellence. L'architecte Jacques-Denis Antoine (1733-1801) est choisi pour conduire les travaux.
Antoine construit un bâtiment somptueux, véritable palais adapté au prestige de l'emplacement et de sa fonction et une manufacture moderne, logique, rationnelle.
Les travaux de fondation débutent fin 1769, et la frappe des monnaies est officiellement installée Quai de Conti le 20 décembre 1775. Fait rarissime, l'édifice de 34 000m2 aujourd’hui a conservé sa vocation d’origine jusqu’à nos jours. Première usine dans Paris à sa construction, nous sommes aujourd'hui la dernière.
 
La cour d’Honneur de la Monnaie de Paris - © Monnaie de Paris

Un ensemble prestigieux

Par une architecture organisée autour de cours, Antoine allie des références érudites à une grande qualité d’exécution et la noblesse d'un palais à l'Antique à la fonctionnalité d'une manufacture. Il dessine le bâtiment dans le style néoclassique : colonnes, frontons, proportions harmonieuses ainsi qu'un riche programme sculpté.

Salon d’honneur Guillaume Dupré - © Gilles Targat

Un chef d’œuvre total : le décor du palais

L'architecte, Jacques-Denis Antoine, conçoit son bâtiment dans les moindres détails. Il dessine jusqu'au mobilier du salon d’honneur. Antoine s'entoure d'une équipe parmi les artistes les plus doués du temps. Y œuvrent notamment les sculpteurs Jean-Baptiste Pigalle, Jean-Denis Antoine, frère de l'Architecte, et le peintre Jean-Jacques Forty.
Plan de la  cour d’Honneur de la Monnaie de Paris - © Monnaie de Paris

La manufacture rationnelle

Derrière le palais, la manufacture : au lieu d'être traditionnellement organisé autour d’une chapelle, le bâtiment est construit selon le processus de production rationnel de l'époque et centré autour du Grand Monnayage, lieu de frappe des monnaies. Au gré des évolutions industrielles, les différents ateliers, gravure, médailles, fonderie, etc. se réinventent jusqu’à aujourd'hui dans le cadre du projet MétaLmorphoses.

Dessin de la façade du Petit Hôtel de Conti par Jules Hardouin-Mansart - © Monnaie de Paris

Avant Versailles, le petit Hôtel de Conti

Dans nos murs se cache un bijou du XVIIème : un hôtel particulier construit par Jules Hardouin-Mansart alors qu'il n’avait que 23 ans. Le petit Hôtel de Conti, appelé Aile Mansart est sa première œuvre connue. Lorsqu'Antoine conçoit l’Hôtel des Monnaies, ce chef-œuvre du Premier Architecte de Louis XIV est préservé et épouse rapidement une vocation industrielle. Dans le cadre du projet MétaLmorphoses, il sera révélé pour la première fois depuis 200 ans.

Vue extérieure de l’usine de Pessac - © Monnaie de Paris

Pessac, côté pile : un style moderniste

Dans les années 70, alors que les installations monétaires du Quai de Conti n’arrivent plus à répondre aux besoins de l'Etat et qu’elles rendent impossible le développement de l’unité industrielle, le président du Conseil des Ministres approuve la construction d’une nouvelle usine. Celle-ci sera fonctionnelle, rationnelle et puissante, conformément au mouvement Moderne hérité du Bauhaus.
Il est alors décidé une nouvelle répartition qui est toujours d'actualité : l'usine en région sera réservée aux frappes industrielles tandis que Paris conservera les ateliers d'art.
 
La construction de l'usine de Pessac en 1972 - © Monnaie de Paris

Une belle quadra

C'est Pessac, près de Bordeaux, qui est choisie en raison des facilités de transport : routière, aérienne et maritime. L'Atelier Salier-Courtois-Lajus-Fouquet, héritier du Corbusier, commence sa construction en 1972. Après presque 200 ans, le monnayage de monnaies courantes quitte le Quai de Conti pour Pessac, inauguré en septembre 1973. Après 40 ans d’exploitation, l'usine de Pessac demeure toujours à la pointe de la technologie et de la recherche.
Intérieur de l'usine de Pessac - © Jean-Christophe Ballot

Pessac, c’est Mathématiques

Pour répondre aux besoins de l'activité monétaire, nous avons construit une usine de 13 300 m2 de surface au sol. L'industrie, les laboratoires de recherche et d’analyses et les bureaux sont implantés sur une surface totale de 20 400 m2. Pas moins de 26 000 m3 de béton, 125 000 m2 de coffrage et 1200 tonnes d’acier furent nécessaires. L'allure noble et imposante du bâtiment consacre la grande architecture d’Etat de l'époque.

Les presses de frappe de l’usine de Pessac - © Jean-Christophe Ballot

Une grande force de frappe

Prévue à l'origine pour une production annuelle de 700 millions  de pièces, l'établissement monétaire de Pessac est conçu, comme l'a été avant lui la manufacture de Paris, suivant le principe de l’usine intégrée : de la réception de la matière première jusqu'au conditionnement des monnaies et leur délivrance aux Banques Centrales. Aujourd'hui, l'usine possède une force de frappe de 1 milliard 500 millions  de pièces par an.